Que tu sois en ligne première, en toile de fond ou celle qui éponge le front, tu es de tous les combats. À préparer dans l’angoisse le retour de l’homme en mer ou à la guerre, à gérer du foyer les affaires comme PDG ou secrétaire, et parfois même à mettre l’enfant en terre. Chaque graine amère te passe par la bouche car de tout ce qui respire sur cette Terre tu es la souche, et aucun rôle ne saurait épargner tes épaules.
Qu’ils soient courts ou longs tes cheveux alimentent les chansons, tes yeux sont les gemmes qui nourrissent les poèmes et, de la beauté, ton corps est la plus belle des métaphores. Si ton visage rougit c’est que ton âme est profonde, si ton antre est rond c’est car en lui tu portes la manifestation. Quand les pleurs de l’enfant charrient au père l’agacement et l’ennui, dans ta patience infinie tu leur offres tes jours et tes nuits. Jamais courroux ne t’empoigne, la rivière se plaindrait elle de la montagne ? Non, elle patiente elle se faufile elle creuse le minéral et puis elle dévale, jusqu’au fleuve dont la terre s’abreuve. Tu portes, tu enfantes, et tu réconfortes. Et si dans le landau tu ne mets point de chérubin, tu berceras toujours un espoir pour le genre humain.
C’est toi que la nature a choisi pour l’attache du nombril bien que tu paraisses fragile, car tu es de l’humanité la terre fertile, et de l’adversité le rempart tranquille. Le mâle a décidé pour toi d’une date, du haut de son oratoire comme la mémoire d’une victoire. Du mois de mars il t’accorde le 8, pour s’octroyer des jours de l’année, toute la suite.
Toi qui es synonyme d’amour et de joie, pourquoi t’a-t-il donné un seul jour alors que tu l’as porté neuf mois ?
