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LE RÈGNE DES YEUX

CHRONIQUE D'UN CONFINEMENT

« C’est comme si la Nature nous avait dit : mets un masque sur ta figure »

Fiction documentaire ayant pour décor le confinement mondial de mars 2020.

PARUTION
1er trimestre 2022

  • RÉSUMÉ 

Martin tient la chronique amoureuse, politique, et médicale, du confinement qu’il vie avec Mathilde alors qu’ils étaient sur le point de divorcer. Nous sommes en mars 2020, la pandémie du coronavirus Covid-19 frappe la planète entière.

La vie entre quatre murs se fait au gré des errements d’un gouvernement dépassé, des phobies, des psychoses, d’une géostratégie en mutation, et du cortège interminable de morts, et d’informations souvent contradictoires.

Décalé, révolté, un peu fou, Martin est un écorché.
Étouffé par son passif avec Mathide, ses sentiments pour Charlotte, et son scepticisme envers le climat ambiant, il se pose des questions tout au long de son journal :

Où va l’humanité ?
Qui faut-il croire ?
Aime-t-il encore son épouse ?

On trouvera dans ce livre, relevées au jour le jour, les statistiques réelles liées à l’épidémie, et une revue de presse couvrant les aspects sociaux-économiques, médicaux, et géostratégiques.

Ecrit avec humour et profondeur, cet ouvrage parfois caustique, parfois poétique, fait revivre cette période unique de l’Histoire, soulève beaucoup d’interrogations, et apporte quelques indices… à chacun de décoder.

  • EXTRAITS

J8
Mardi 24 mars

Temps : gris, ciel bas, froid.
Trafic routier :
faible
Trafic piéton :
faible
Remplissage des bus :
très faible
Fréquence des transports de marchandises :
faible
Patrouilles :
moyen

UN NOUVEAU JOUR
Dans la plâtrière grise et compacte, quelques filaments rouges parcourent l’horizon comme le crachat d’un tuberculeux. De ses pesants nuages en mélasse, le cœur lourd, il saigne pour les hommes, le ciel.

Un oiseau timide s’est fait la conversation toute la nuit. Les effets du confinement sur la santé mentale commencent à se faire entendre.

LE MATIN VU DU BALCON
C’est curieux, je constate de plus en plus d’insectes mais de moins en moins de chats. Est-ce du fait de la fermeture des boucheries ? Faisander un chien pourrait s’avérer aussi populaire que trépaner un pangolin.

Dans le bus qui passe à heures régulières, et que j’observe depuis plusieurs jours, il est rare qu’il y ait plus d’un passager. Evidemment, une personne différente à chaque passage. La distanciation sociale de 1 mètre est ainsi aisément obtenue. Chacun se sent confiant. Or, nous le savons, les contes de fées contiennent toujours une ironie. Dans ce bus, toutes les personnes qui montent s’assoient sur le même siège. Si le virus se transmet, comme l’arrogance du pouvoir, par le Trône, il y aura lieu de s’inquiéter pour bien des personnes.

Dans l’appartement d’en face,  elle se promène. Sa tête passe d’une fenêtre à l’autre.

Contraints au tourisme intérieur, les gens découvrent des paysages inattendus dans leurs appartements, longtemps devenu invisibles à leurs yeux. Certains, au détour d’une randonnée inhabituelle, découvrent des ravines, des cours d’eaux, et même parfois des cascades éclipsées par un meuble millénaire. D’autres vont aux champignons. Le ménage de printemps cette année sera bien plus suivi que les fêtes de Noël, l’Aïd et Hanoukka réunis. Toutes les religions se réunissent dans un isolement inouï. En ce sens, ça ne change pas beaucoup.

LA CHALEUR DU FOYER
Je fais griller le pain. Une tranche s’étale au sol par deux fois. Ce sera la part des oiseaux. Et si le virus vient d’eux, ce ne sera qu’un juste retour à l’envoyeur. Mathilde m’apparaît dans sa nuisette courte, ouverte par l’avant, à peine rabattue grâce à une ceinture dérisoire négligemment nouée à la taille. Je réprime une envie viscérale de tirer sur l’une des deux extrémités du cordon. Ses deux citrons pointus continue à se promener librement sous le synthétique satiné, et à égratigner la surface de mon équilibre mental. Avant son entrée dans la cuisine j’avais presque froid, à présent je réouvre la porte-fenêtre, et je rêve de faire un carton sur la colombe blanche.
Son jacassement (Mathilde) couvre le ronflement de la cafetière, et ses fesses rondes embossées dans le tissu léger, vibrent pendant qu’elle râpe un gingembre frais.

Nourrir de gingembre un “célibataire” est une forme de sadisme pervers.

UN PETIT COUP D’ŒIL SUR LES INFOS

MONDE
Nombre de cas : 415 876
Nombre de décès : 18 574
Nombre de guéris : 107 811
Taux de mortalité : 4,4

FRANCE
Nombre de cas : 22 302
Nombre de décès : 1 100
Nombre de guéris :-
Taux de mortalité : 4,9%

MONDE

  • Vent de panique : un homme est mort en Chine de l’Hantavirus. un virus dont les premiers cas ont été recensés aux Etats-Unis et qui fait 27 morts chaque année en Amérique du Nord.


FRANCE

  • Une vingtaine de députés demandent au gouvernement de solliciter l’aide médicale de Cuba.
  • La courbe continue de grimper. Le virus ne semble pas vouloir transiger avec les hommes.

Le confinement se durcit. L’Attestation Dérogatoire de Sortie (Temporaire et Limitée) devient nettement plus temporaire et nettement plus limitée. Nous devons y inscrire l’horaire de notre sortie restreinte à 1h, et limiter notre déplacement à 1km de notre domicile. Il ne manque que le port du masque obligatoire. Dieu merci, le gouvernement barbote dans une honteuse pénurie de masques en papier mâché. Dire que nous voulions faire la guerre à la Russie.

LE COVID-19

La perte d’odorat et de goût pourraient être des symptômes d’infection.

SORTIE ET RAVITAILLEMENT
Les gens enfilent plus volontiers les gants que le masque, La carence du marché n’expliquant pas tout.  Notre société volubile et intarissable se montre réfractaire à se bâillonner la bouche. Par contre, l’allergie au voisin nous achemine volontiers vers l’abri, derrière des gants.

Mon amie Luce m’a donné rendez-vous à l’épicerie. Elle y achète ses cigarettes, le bar tabac vend des masques, et un groupe de luxe fabrique du gel hydro alcoolique que les pharmaciens n’ont pas le droit de fabriquer, mais qu’ils doivent vendre. C’est ici, à l’épicerie, qu’après avoir “checké” du coude, nous prenons notre café chaque matin, debout, à (presque) 1 mètre de distance. Des clients entrent par la gauche et d’autres sortent par la droite. Un peu comme en politique.

Mon ami Eric m’avait envoyé l’attestation de sortie (ADSTL) remaniée à sa sauce afin « d’éviter d’avoir à la réimprimer chaque jour ». Le policier qui me contrôle « ne comprend rien à ce bazar » (j’avoue que moi non plus). Il a l’amabilité de me sermonner plutôt que de me verbaliser. Adieu version d’Attestation Dérogatoire de Sortie Temporaire et Limitée Bricolée.

RETOUR A LA DEMEURE
Il y en a une que bricoler me tente de plus en plus.
Chaque fois que je touche Mathilde c’est comme si je posais le pied sur une power plate. Mon corps vibre à faire tomber tous mes boulons au sol. Cet après-midi, ce sont les sous-vêtements qui paradent sur les assises du salon. Elle fait ses essayages, dans la chambre, porte ouverte.
Je vais passer la soirée à chercher mes boulons sous les meubles.

 Alors, je m’enferme pour appeler les amis et faire diversion dans mon esprit déjà lourdement affligé. J’utilise la méthode aléatoire du “random route” pour composer les numéros.

LES AMIS ET LEUR REVUE DE PRESSE
Depuis notre sixième du collège, Arnaud aime les chiffres.
Les résultats des guérisons du covid sont autant à l’ascendance que les plus tristes. Arnaud s’offusque de la manière négative dont sont présentées les statistiques. Il ne sait pas que le bonheur des autres n’intéresse personne, que la détresse fait vendre les idées, les journaux ainsi que les émissions. L’impact entre « on cumule 1000 morts » et « 90% ont guéris » n’est pas le même. Il faut que chaque information fasse saigner l’oreille qui la reçoit pour que chacun puisse se dire “le prochain sur la liste c’est moi”. C’est par cette morbide adrénaline que s’alimente la psychose qui fait de la vie un blockbuster parmi les thrillers. Il faut que les statistiques fassent plus de morts que le virus.

Confrontée à l’encadrement du télé-enseignement de ses 3 enfants, Corinne peste contre les profs. Jeté dans cette aventure sans préparation, le corps enseignant se trouve manifestement « largué » selon elle. Trop de devoirs, adresses emails erronées, erreurs d’aiguillage, manque de concertation… Evidemment pour en avoir bu le lait, je ne peux pas ne pas penser à l’arrivée d’Internet dans ce pays il y a 25 ans environ. Je me souviens les employés de l’Education Nationale freinaient des quatre fers devant l’intrus. A ce jour, je dois dire que certains professeurs (à la retraite) continuent à préférer la fiche bristol à l’ordinateur. Dire que demain ils devront consulter leur gérontologue sur un écran, et payer leurs somnifères en ligne. Peut-être envisagera-t-on également l’euthanasie numérique.

Un ami m’appelle pour m’informer que le virus survivrait moins de 8 heures sur un textile et tiendrait plus de 2 jours sur un téléphone. Exactement comme ma femme.

C’est l’appel du thé.
Depuis qu’elle s’y est mise, des essais de Formule 1 seraient déjà terminés mais Mathilde en est encore à se réaliser dans les expérimentations. Elle va  elle vient, elle plie elle déplie, elle pèse elle sous pèse, elle enfile elle défile. Sa jambe légère de danseuse ne rencontre aucun mal à se faufiler de-ci de-là dans les arceaux de dentelle et les méandres des ficelles. Dans sa chambre privée de soleil en cette fin de journée grisailleuse, elle déambule la fesse luisante, comme pour indiquer le cap au vaisseau de nuit. Passer entre deux phares vers l’île au trésor.
Qu’a-t-elle donc à me demander si ce porte-jarretelles lui sied encore ?

LA FIN DU JOUR VUE DU BALCON
Trois perruches vertes à tête rouge se sont posées dans les arbres. Est-ce trois vert.e.s député.e.s issues du pouvoir « issu de la société civile », fuyards éhontées d’avoir plus de morts que le Guatemala ?

Une odeur d’hiver.
Les volets d’en face sont fermés.
Se hâter de renter les serviettes qui sèchent et refermer.

AU COIN DU FEU

On nous annonce la neige pour cette nuit.
Le sauté de pommes de terre au magrets de canard, précédé d’un velouté de légumes, se marie bien à la température en baisse. Ravir les papilles d’une eau-de-vie pour oublier la mort qui rôde. Ce soir le plaid qui nous uni est à motif jacquard. Se souvenir que Mathilde est décoratrice, à chaque situation son code. C’est pour cela qu’elle sort les vieilles boîtes à biscuits remplies de photos qu’elle dit « de notre jeunesse ». Tranquillement, une à une, dépoussiérer, lisser, exposer, commenter, rire, s’embrasser, essuyer une larme, ranger.
Demain, elle « n’a pas envie d’aller chez l’avocat ».

Habillé de mon pyjama bleu dans mon lit froid.
Le goût de sa salive est encore dans ma bouche

SURTOUT NE PAS
Frapper à sa porte.

HEUREUSEMENT
Que j’ai 50 nuances de livres sous la main.

LA QUESTION DU SOIR
Les ventes de “mommy porn” ont-elle augmentées avec le confinement ?

DERNIERE CONNEXION

MONDE

  • Avec 25 000 cas, New-York  représente la moitié du total aux Etats-Unis, avec un doublement du nombre des contaminés tous les 3 jours.
  • En Italie, recrudescence des décès : 763 en 24h
  • Un tiers de la population mondiale est confinée.
  • Les canadiens testent un traitement à la colchicine.
  • Le coronavirus (covid-19 , SRAS, MERS) affecte et tue plus les hommes que les femmes.
  • Le Japon décide de reporter les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 d’un an.
  • Le streaming vidéo représente 61% du trafic Internet.
  • Nouvelle baisse des débits des plateformes vidéo principales afin de soulager les réseaux de télécommunications soumis à une forte pression liée aux confinements.
  • Youtube, Netflix et Facebook pèsent 25% du débit Internet descendant mondial.
  • Forte augmentation de l’utilisation des VPN dans tous les pays (les réseaux privés virtuels sécurisent les connexions liées au télétravail).


FRANCE

  • La barre des 20 000 cas positifs et 1000 morts a été passée.
  • 240 décès en hôpitaux en 24h.
  • Le taux de mortalité chez les personnes âgéesde 80 ans et plus est de 15%.
  • Un patient testé positif sur 10 est en réanimation.
  • Le taux de guérison des cas connus est de 11%.
  • Le CAC 40 a chuté de 37%  depuis le 19 février (+8% aujourd’hui).
  • Le trafic des TGV tombe à 7% de son offre normale.
  • 70 000 français toujours bloqués à l’étranger.
  • TÉMOIGNAGES

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Fiction documentaire

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