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Suis-je un homme ou un fantôme ? Suis-je un corps sans esprit ou bien un intrus éthérique dans le monde des vivants ? Le croisement du métal raisonne encore en moi, alors qu’il ne reste que des âmes suspendues aux branches balancées par le vent. Les cohortes de poussière s’en vont sans moi. Seigneur, pourquoi m’as-tu destiné… Lire la suite »LE RESCAPÉ...
Pâte-à-choux parée de boules cuites à 180 degré, portée à ébullition. Gorgée de sirop fouetté au batteur électrique dans une barbotine salée, enfarinée, épaissie. La base élargie, fourrée de crème au beurre, exhibe un buste nappé, bruni au caramel d’été...
Je l’ai laissé jouer près de moi avec l’inconscience du bienheureux. Alors que je ne m’en préoccupais guère, il ne prit pas la peine de se rappeler à moi. Il gambada tantôt devant, tantôt derrière, profitant de l’insouciance de l’enfant que je n’étais plus. Il tournoya autour de mes jours, flirtant de son aisance avec mes ans...
Au zénith de l’âge, les irradiations de la passionme lancèrent à la construction d’une pyramide pour ma pharaonne. Puis je m’attelais à l’édification du grand voilier qui faisait ses rêves d’océans. Sur le lieu de ma sueur, au pied de la pyramide, chaque midi tu m’apportais une jarre de lait, un quart de galette et… Lire la suite »LA CAPRICIEUSE...
Ce matin, des enfants ne rentreront pas chez eux.
Mais leurs mamans ne le savent pas encore.
Pourtant la maman sait toujours tout à l’avance.
Pas cette fois-ci. D’ailleurs elle ne le sait ni à l’avance, ni plus tard. Quand vous viendrez le lui dire, elle appellera la police pour chasser le fou que vous êtes...
Elle regarde passer l'existence.
Couler telle une rivière langoureuse et somnolente, tel un ruisseau de miel. Elle semble ignorer les peurs et les problèmes comme le chat qui longe la gouttière, flegmatique et imperturbable.
Le ciel lui sert de toile lorsqu'elle repeint le souvenir de ses ans allongée sur l'herbe ou le tapis du salon. Le sel de la mer infuse ses pieds pour le sommeil des poissons...
C’était hier.
En fin d’après-midi j’ai fêté mes vingt printemps.
Cidres et limonades pétillaient joyeusement tandis que les gâteaux narguaient des bourrelets imaginaires.
Je m’inquiétais déjà de ce la nuit ferait de mes excès. Beaucoup d’amis arrivèrent, d’autres partirent...
Que de complicité apparente ! « Mon Dieu comme ils s’aiment » disent les uns.Or la termitière est installée depuis longtemps.La sensualité se conjugue au passé décomposé, le devoir conjugal au plus-qu’imparfait. L’évanescente nuisette du temps des lunes de miel, n’est plus qu’une strate parmi les strates, la tenue de couche s’est épaissie au fil des...
Dormir sur le trottoir.
Quelle curieuse idée.
Le regard vert, lointain, la tête appuyée contre le mur. Le vent joue dans ses cheveux tigrés, du jus de cerise auréole ses babines gourmandes...
Emu de ton extase devant le banal papier peint des voisins j’ai tapissé ta maison de fil d’argent. Tu considéras cette dépense mal placée car tu manquais de chemises, disais-tu. Sur les conseils de tes amies les meilleures, j’emplis ta garde-robe au point d’encombrer de fils, de soies, et de laines, la cuisine et le… Lire la suite »L’ASSOIFFÉE...
Dans l’obscurité je ne pouvais percevoir tes traits. Dans le noir tu ne pouvais lire mes signets. Deux figures de proue ballottées par les éléments qui auraient pu s’entrecroiser dans les brumes de leur traversée ; de notre naissance au rivage final, d’une grève à l’autre, ne jamais avoir de commun littoral. Mais une main bienveillante… Lire la suite...
Mes souvenirs, rangés en armée vaillante et disciplinée, veillent à ce que je n’oublie jamais mes rêves d’enfant. Parfois, lorsque mon âme se trouve assiégée par des troupes d’émotions blasées, aigres et cyniques, mes centurions donnent l’assaut, chargent violemment, enfoncent les lignes ennemies et me fraient une brèche jusqu’à la source pure. Alors je me… Lire la suite »RÊVES...
