UN MONDE IDÉAL
À quoi bon les jours de congé si je ne peux les écourter en prolongeant nos nuits jusqu’au midi, et à quoi bon le midi si je ne le distingue ni du minuit ni du lundi. Que m’importe le réchauffement… Lire la suite »UN MONDE IDÉAL
Textes en prose de Nass Tango
À quoi bon les jours de congé si je ne peux les écourter en prolongeant nos nuits jusqu’au midi, et à quoi bon le midi si je ne le distingue ni du minuit ni du lundi. Que m’importe le réchauffement… Lire la suite »UN MONDE IDÉAL
Dans cet océan de femmes, je ne suis qu’un ballon de baudruche sans fonction, empli d’un orgueil qui répond aux Lois de l’attraction. Face à moi, s’y perdrait Archimède puisqu’à ma logique rien ne plaide, immobile ou que j’en fasse… Lire la suite »LOIS PHYSIQUES
Ce matin-là il faisait encore nuit. Dans le hall les odeurs de café se mêlaient à celles du cambouis et aux sifflets du chef de gare. D’abord je t’ai aperçue sur le quai froid et poussiéreux, et ensuite je t’ai… Lire la suite »TON TRAIN
Louis d’or et grandes maisons sont les parures de ce monde éphémère. Tentation, il n’y a d’égal à ton immondicité que ton immensité. Pincées de sel jetées à la mer, tes promesses seront diluées dans l’illusion des siècles. Ton ironique… Lire la suite »LES BIENS DE L’ORPHELIN
Cette femme qui, agenouillée, porte dans ses mains comme un livre qu’elle voudrait lire, comme un bibelot dont elle ne peut se départir, comme un gigot pesant roulé dans un drap blanc, son enfant percé dans son linceul immaculé.Prosternée dans… Lire la suite »LA MAMAN
Seigneur, il y a deux larmes qui coulent sur mon visage. L’une tombe comme une perle de l’œil de gratitude pour ce que Tu m’as octroyé, la vie avec sa besace de nourriture et d’amour. L’autre tombe comme une goutte… Lire la suite »PRIÈRE
Qu’a-t-elle donc pour ainsi m’écorcher de ses dents cette folle, nous n’en sommes pourtant qu’à mes débuts, pour ainsi dire le col. Si seulement elle pouvait un peu calmer son hystérie, faire preuve de patience, et me découvrir en cette… Lire la suite »MISE EN BOUCHE
Chargé comme une mule avec ce trop-plein d’ans sur les épaules, voilà que je croule sous le cumul de mes années folles. De la rationalité fut maître Descartes qui sur la pensée faisait une tarte, car ce n’est en fait que parce que je résiste que j’existe. À cette idée je reste sensible bien que son réel à mon dos s’avère pénible, et en moi je sens que sans aide il ploie et il s’en cède…
Un parent qui part, c’est une encre qui se dilue, une ancre qui se détache du récif, nous voila bateau devenu felouque indécise dans un océan criard, un astronef boiteux emporté dans un noir buvard, dans un vide silencieux.
On les dit immuables mais elles partent quand-même les montagnes. Je me sens nu, trempé par la pluie, assommé par la grêle, emporté par le zéphyr, incendié par le soleil, abusé par l’obscurité.
Suis-je un homme ou un fantôme ? Suis-je un corps sans esprit ou bien un intrus éthérique dans le monde des vivants ? Le croisement du métal raisonne encore en moi, alors qu’il ne reste que des âmes suspendues aux branches balancées… Lire la suite »LE RESCAPÉ
Je l’ai laissé jouer près de moi avec l’inconscience du bienheureux. Alors que je ne m’en préoccupais guère, il ne prit pas la peine de se rappeler à moi. Il gambada tantôt devant, tantôt derrière, profitant de l’insouciance de l’enfant que je n’étais plus. Il tournoya autour de mes jours, flirtant de son aisance avec mes ans…
Au zénith de l’âge, les irradiations de la passionme lancèrent à la construction d’une pyramide pour ma pharaonne. Puis je m’attelais à l’édification du grand voilier qui faisait ses rêves d’océans. Sur le lieu de ma sueur, au pied de… Lire la suite »LA CAPRICIEUSE
Ce matin, des enfants ne rentreront pas chez eux.
Mais leurs mamans ne le savent pas encore.
Pourtant la maman sait toujours tout à l’avance.
Pas cette fois-ci. D’ailleurs elle ne le sait ni à l’avance, ni plus tard. Quand vous viendrez le lui dire, elle appellera la police pour chasser le fou que vous êtes.
Elle regarde passer l’existence.
Couler telle une rivière langoureuse et somnolente, tel un ruisseau de miel. Elle semble ignorer les peurs et les problèmes comme le chat qui longe la gouttière, flegmatique et imperturbable.
Le ciel lui sert de toile lorsqu’elle repeint le souvenir de ses ans allongée sur l’herbe ou le tapis du salon. Le sel de la mer infuse ses pieds pour le sommeil des poissons lorsqu’elle accompagne les voiles à l’horizon, lorsque son regard paisible sert de bon vent aux marins sans bon port…