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Textes

UN MONDE IDÉAL

À quoi bon les jours de congé si je ne peux les écourter en prolongeant nos nuits jusqu’au midi, et à quoi bon le midi si je ne le distingue ni du minuit ni du lundi. Que m’importe le réchauffement… Lire la suite »UN MONDE IDÉAL

LOIS PHYSIQUES

Dans cet océan de femmes, je ne suis qu’un ballon de baudruche sans fonction, empli d’un orgueil qui répond aux Lois de l’attraction. Face à moi, s’y perdrait Archimède puisqu’à ma logique rien ne plaide, immobile ou que j’en fasse… Lire la suite »LOIS PHYSIQUES

TON TRAIN

Ce matin-là il faisait encore nuit. Dans le hall les odeurs de café se mêlaient à celles du cambouis et aux sifflets du chef de gare. D’abord je t’ai aperçue sur le quai froid et poussiéreux, et ensuite je t’ai… Lire la suite »TON TRAIN

LA MAMAN

Cette femme qui, agenouillée, porte dans ses mains comme un livre qu’elle voudrait lire, comme un bibelot dont elle ne peut se départir, comme un gigot pesant roulé dans un drap blanc, son enfant percé dans son linceul immaculé.Prosternée dans… Lire la suite »LA MAMAN

PRIÈRE

Seigneur, il y a deux larmes qui coulent sur mon visage. L’une tombe comme une perle de l’œil de gratitude pour ce que Tu m’as octroyé, la vie avec sa besace de nourriture et d’amour. L’autre tombe comme une goutte… Lire la suite »PRIÈRE

MISE EN BOUCHE

Qu’a-t-elle donc pour ainsi m’écorcher de ses dents cette folle, nous n’en sommes pourtant qu’à mes débuts, pour ainsi dire le col. Si seulement elle pouvait un peu calmer son hystérie, faire preuve de patience, et me découvrir en cette… Lire la suite »MISE EN BOUCHE

LES MONTAGNES

Un parent qui part, c’est une encre qui se dilue, une ancre qui se détache du récif, nous voila bateau devenu felouque indécise dans un océan criard, un astronef boiteux emporté dans un noir buvard, dans un vide silencieux.

On les dit immuables mais elles partent quand-même les montagnes. Je me sens nu, trempé par la pluie, assommé par la grêle, emporté par le zéphyr, incendié par le soleil, abusé par l’obscurité.

JE T’AIME

De nombreuses créatures ont perlé de nacre ma vie. De ce collier précieux, tu es le pendentif flamboyant, la chaînette et le fermoir…

TON ÂME

Aux mille feux et leur lueur, la beauté flamboyante de tes vingt ans s’est comparée.

Un matin, lors d’une aube paresseuse tu défias le soleil, moquas son peu d’audace, et apparus à sa place. Tu illuminas les plans aqueux et coiffas les montagnes de feu…

L’IMPÉRATRICE AUX COQUELICOTS

Un marteau dans une main, une passoire dans l’autre, elle traverse la vie en chaloupant sur une paire de ski. Ne croyez pas qu’elle cherche à faire tout cela dans le but de tromper la mort. La mort, elle n’en n’a pas peur…

TU RIS

Tu ris. Tu ris. Tu ris.
Tuerie. Tuerie. Tuerie.
Je voudrai tuer tout ce qui m’oppose à toi, me sépare de toi, m’éloigne de toi, me dissipe de toi.

Tu ris quand est heureuse, tu ris quand tu es gênée, tu ris quand…

TOURNESOL

L’amour est son soleil.
Chaque matin de sa vie, dans un tropisme lumineux, elle tourne vers lui son visage radieux et ses espoirs délirants.

Le ciel est l’abreuvoir dans lequel…

LA JUIVE

Des fragrances venues des temps de Salomon le Juste la précédèrent dans l’ascenseur. Orfèvrerie extravagante dans une candide vitrine. Troublante proxémie. La cabine est trop exigüe pour laisser une chance à l’indifférence…

LE RESCAPÉ

Suis-je un homme ou un fantôme ? Suis-je un corps sans esprit ou bien un intrus éthérique dans le monde des vivants ? Le croisement du métal raisonne encore en moi, alors qu’il ne reste que des âmes suspendues aux branches balancées… Lire la suite »LE RESCAPÉ

L’AMANTE RELIGIEUSE

Pâte-à-choux parée de boules cuites à 180 degré, portée à ébullition. Gorgée de sirop fouetté au batteur électrique dans une barbotine salée, enfarinée, épaissie. La base élargie, fourrée de crème au beurre, exhibe un buste nappé, bruni au caramel d’été…

LE REVENANT

Je l’ai laissé jouer près de moi avec l’inconscience du bienheureux. Alors que je ne m’en préoccupais guère, il ne prit pas la peine de se rappeler à moi. Il gambada tantôt devant, tantôt derrière, profitant de l’insouciance de l’enfant que je n’étais plus. Il tournoya autour de mes jours, flirtant de son aisance avec mes ans…

LA CAPRICIEUSE

Au zénith de l’âge, les irradiations de la passionme lancèrent à la construction d’une pyramide pour ma pharaonne. Puis je m’attelais à l’édification du grand voilier qui faisait ses rêves d’océans. Sur le lieu de ma sueur, au pied de… Lire la suite »LA CAPRICIEUSE

LE RETOUR DE L’ENFANT

Ce matin, des enfants ne rentreront pas chez eux.
Mais leurs mamans ne le savent pas encore.
Pourtant la maman sait toujours tout à l’avance.
Pas cette fois-ci. D’ailleurs elle ne le sait ni à l’avance, ni plus tard. Quand vous viendrez le lui dire, elle appellera la police pour chasser le fou que vous êtes.

L’ÉPICURIENNE

Elle regarde passer l’existence.
Couler telle une rivière langoureuse et somnolente, tel un ruisseau de miel. Elle semble ignorer les peurs et les problèmes comme le chat qui longe la gouttière, flegmatique et imperturbable.
Le ciel lui sert de toile lorsqu’elle repeint le souvenir de ses ans allongée sur l’herbe ou le tapis du salon. Le sel de la mer infuse ses pieds pour le sommeil des poissons lorsqu’elle accompagne les voiles à l’horizon, lorsque son regard paisible sert de bon vent aux marins sans bon port…

MON ANNIVERSAIRE

C’était hier.
En fin d’après-midi j’ai fêté mes vingt printemps.
Cidres et limonades pétillaient joyeusement tandis que les gâteaux narguaient des bourrelets imaginaires.
Je m’inquiétais déjà de ce la nuit ferait de mes excès. Beaucoup d’amis arrivèrent, d’autres partirent…

LA MIGRAINEUSE

Que de complicité apparente ! « Mon Dieu comme ils s’aiment » disent les uns.Or la termitière est installée depuis longtemps.La sensualité se conjugue au passé décomposé, le devoir conjugal au plus-qu’imparfait. L’évanescente nuisette du temps des lunes de miel, n’est plus… Lire la suite »LA MIGRAINEUSE

LA SIESTE DU PETIT CHAT

Dormir sur le trottoir. 
Quelle curieuse idée. 

Le regard vert, lointain, la tête appuyée contre le mur. Le vent joue dans ses cheveux tigrés, du jus de cerise auréole ses babines gourmandes…

L’ASSOIFFÉE

Emu de ton extase devant le banal papier peint des voisins j’ai tapissé ta maison de fil d’argent. Tu considéras cette dépense mal placée car tu manquais de chemises, disais-tu. Sur les conseils de tes amies les meilleures, j’emplis ta… Lire la suite »L’ASSOIFFÉE

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